Présentation

Prima a le plaisir de présenter Stick Stuck Stuck, la première exposition personnelle parisienne d'Anastasia Simonin et Kazuo Yagi Marsden. Le duo, basé à Marseille travaille en collaboration depuis 2021, s'est fait remarquer en 2025 au 68 Salon de Montrouge. En 2026, il présente une exposition personnelle au centre d'art Kommet à Lyon, rejoint les collections du FRAC Franche-Comté et investit Le 33 à Marseille.

 

Anastasia Simonin et Kazuo Yagi Marsden travaillent le bois comme médium central, qu'ils associent à l'étain, à l'albâtre, à la pierre ou au textile. Leurs sculptures naissent d'un dialogue constant entre intention et matière, où des références aux sciences du vivant, à l'anatomie et aux objets domestiques circulent librement d'une pièce à l'autre, brouillant les frontières entre corps, objet et espace d'exposition.

 

Stick Stuck Stuck part d'un objet précis : le filtre à évier. Placé au fond des lavabos, il récolte nos déchets alimentaires et corporels avant que tout ne disparaisse dans les canalisations. Ces restes forment des compositions se renouvelant à chaque cycle quotidien de la vaisselle et de la toilette. Les motifs que le filtre capture ne sont pas traités comme des résidus voués à l'oubli mais comme un vocabulaire qui se déplace d'une sculpture à l'autre, change d'échelle et de matériau : un grain de riz est taillé en albâtre, un cheveu se prolonge en une ligne de bois, et gagne, ce faisant, une forme de permanence. 

 

Ces compositions résiduelles se retrouvent dans des scénettes parsemées dans l'exposition. Des lames de parquet sont incrustées de pièces de 5, 2 et 1 centimes, cette monnaie qui traîne dans la maison, est logée dans le bois comme autant de fragments pris dans la peau du sol. Un rideau noren, façonné à partir d'un patchwork de mouchoirs anciens en tissu partage l'espace en deux, ménageant une zone plus intime : à l'époque d'Edo, les clients d'un restaurant s'essuyaient les mains sur ce type de rideau à la sortie, et plus il était taché, meilleure était réputée la maison. D'un nez coule une goutte d'étain, de l'autre pend une cuillère aimantée, entre l'attente domestique de la cuisine et le fluide plus organique lié au mouchoir.

 

Ces pièces partagent un même entre-deux : celui de l'après, quand les choses ne sont plus tout à fait à leur place sans avoir encore disparu. Anastasia Simonin et Kazuo Yagi Marsden y figent un cycle domestique, une routine quotidienne, par fragments de souvenirs et scènes à différentes échelles. L'ensemble installe une atmosphère tranquille et douce, traversée d'une pointe de drame et d'humour : un temps suspendu, presque nostalgique, celui qui suit les gestes du quotidien.

Œuvres