INDIA LEIRE / PEDRO OLIVEIRA: Duo show
VERNISSAGE LE 10 AVRIL 2025 (18H-21h)
Prima a le plaisir de présenter un duo show d’India Leire (1990, Angleterre, basée à Paris) et Pedro Oliveira (1990, Portugal, basé à Paris), deux artistes qui, par la sculpture et la peinture, explorent la matérialisation de l’intime et la transformation. India Leire façonne des sculptures en plâtre et céramique où le végétal, le minéral et l’organique fusionnent en chimères énigmatiques, Pedro Oliveira lui, construit et déconstruit l’image dans une peinture introspective, où la mémoire et l’émotion prennent corps.
« La nature est mon obsession, elle est le point de départ et d'arrivée de toutes mes créations […] Elle m’a appris beaucoup sur moi-même et m’offre la possibilité de rencontrer la vie sous différentes formes ».
Ces mots d’India Leire traduisent l’essence d’un travail où les formes naturelles se métamorphosent en sculptures ambivalentes, oscillant entre fascination et inquiétante étrangeté. Puisant dans l’univers onirique des jardins fous de Lewis Carroll, elle imagine des paysages où la nature a repris ses droits, réinventant un écosystème hybride. Le vivant, chez India Leire, ne se limite pas aux formes organiques qu’elle observe et sculpte: il s’étend à l’expérience intime et aux émotions.
Créer, après la perte. Certaines des œuvres présentées à la galerie sont nées d’un besoin viscéral, de donner forme à l’indicible, et d’apprivoiser le deuil : « Broken est la première pièce que j’ai créée après le décès de ma mère. Pendant des mois, je n’avais plus envie de créer, la douleur était écrasante, à tel point que j’avais l’impression que mon cœur était en mille morceaux. […] Cette pièce est la première d’une série sur les étapes du deuil ».
Les œuvres de Pedro Oliveira (formé à l’architecture et autodidacte en peinture) s’ancrent dans une quête personnelle d’identification et de réconciliation intérieure.
« Il y a des jours où mon esprit s'emmêle dans un nuage dense, à travers des paysages mentaux d'incertitude et d'introspection, frôlant parfois le psychotique. Dans ces moments-là, la communication avec l'extérieur devient presque insupportable. Il subsiste un désir sexuel viscérale, comme un battement de vie qui résiste et brille à travers la brume ».
Inspiré par ses souvenirs, ses rêves et des moments de tension émotionnelle, Oliveira se décrit comme un cartographe de l’intime, un territoire dont il extrait un véritable « atlas » iconographique. Les motifs - paysages mentaux, rêves et cauchemars, fragments de corps et de sexes masculins, bouches et portraits masqués - traversent l’œuvre pour former un ensemble complexe d’intime et d’inconscient à l’équilibre précaire.
L’engagement de l’artiste est total et sans concession. Assurément, Pedro Oliveira répond à l’exigence qu’invoquait Gerhard Richter dans le travail du peintre : « Pour faire de la peinture, il faut s'engager intimement ».